mardi 24 novembre 2015

Les événements.

Vous l'avez constaté, c'est un peu silence radio ici depuis les événements d'il y a dix jours. 

Les événements.

C'est comme ça qu'on a appelé les attentats à mon boulot, comme si on n'arrivait pas à mettre des mots sur l'horreur et la barbarie qui a frappé la capitale ce vendredi 13 novembre. 

C'est drôle, parce que je ne me suis jamais sentie parisienne, même si j'y habite depuis presque 5 ans maintenant. Je suis la première à m'amuser des "comportements de parigots", à m'en moquer même. Quand on me demande où j'habite et que je réponds en "région parisienne", je précise quasiment toujours que je ne suis pas née ici, comme si j'avais peur de moi aussi devenir "une parigote".

Et pourtant vendredi 13, je me suis sentie parisienne. Et je n'en ai jamais été aussi fière. 

J'ai été horrifiée, terrorisée par ce qu'il s'est passé. J'ai beaucoup pleuré, je n'ai pas beaucoup dormi. J'ai pensé aux victimes, à ces jeunes qui étaient à la terrasse d'un café ou à un concert, comme moi d'ailleurs ce soir là. Mais eux étaient au mauvais endroit au mauvais moment comme on dit, et ils l'ont payé de leur vie.

Je me suis d'abord sentie presque coupable d'avoir passé un bon moment à "mon concert" avec une amie, coupable d'avoir inquiété des proches parce qu'ils ne savaient pas dans quelle salle j'étais. Puis je me suis sentie terriblement inutile et impuissante, incapable de continuer à vivre et à aller de l'avant, quand d'autres auraient tellement aimé pouvoir le faire et sont morts à cause de quelques fanatiques dégénérés. Incapable de faire les 500m qui séparent mon bureau de la place de la République pour aller déposer une fleur ou une bougie, incapable de trouver le courage d'aller rendre hommage aux victimes de ce massacre.

Un mélange de tristesse, de haine, de peur qui m'a complètement paralysée pendant quelques jours, et qui va continuer de planer pendant de longs mois.

En janvier, j'avais manifesté en scandant haut et fort que je n'avais pas peur d'eux. Pas peur de ceux qui voulaient nous voler notre joie de vivre. Le 13 novembre, j'ai changé d'avis, j'ai peur.

J'ai peur que ces malades volent à nouveau des vies de jeunes ou de moins jeunes. J'ai peur que l'on devienne méfiant, que l'on en vienne  à se craindre les uns les autres. J'ai peur que cette richesse culturelle qui fait la France soit remise en cause. J'ai peur qu'on en vienne à se détester au lieu de s'aimer... 

Mais je n'ai plus peur d'être parisienne.

6 commentaires:

  1. Ces évènements sont tragiques et il est difficile de s'en remettre psychologiquement je crois... Je pense sans cesse aux innocents :( Des bisous à toi <3

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    1. Il va falloir du temps, ça c'est sur... Merci pour ton commentaire <3

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  2. <3
    Pareil au boulot, on a appelé ça les événements tragiques... comme si c'était dur de dire les attentats, parce que les attentats ça fait peur justement :/
    Plein de bisous <3

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